Message de bienvenue

Au nom de Dieu, le Clément le Miséricordieux.

Chers lecteurs!
je vous souhaite la bienvenue dans ce blog destiné à mes sœurs et frères épris du savoir, du dialogue et d'échange.
Ce blog a pour objet de susciter des débats fructueux autour des questions touchant tous les domaines de notre vie, particulièrement notre vie religieuse.

samedi 17 juin 2017

Les religieux et la politique : de simples questions!

Le sort d'un homme religieux ou un guide religieux est très ambiguë dans notre société. Il lui est permis d'être un professeur d'université, un chef d'entreprise, un ambassadeur, un administratif, éleveur, un cultivateur ou autre sans que sa crédibilité soit mise en cause. Il suffit qu'il s'engage en politique qu'on lui qualifie d'opportuniste de manipulé, de corrompu, bref de tous les noms d'oiseau.

C'est pourquoi je me pose certaines questions: n'est-il pas possible qu'un chef religieux soit conscient qu'il doit s'intéresser à la politique éducative, économique ou sociale menée dans son pays? N'a-t-il pas le droit de vouloir faire partie des décideurs de ces politiques ou des législateurs des lois pour influencer positivement les orientations éducatives, économiques et sociales de la société?

Il me semble qu'on exploite toujours le stéréotype ou l'image de soit-disants marabouts, ou chefs religieux corrompus pour jeter le discrédit à toute personne porteuse d'une vision différente de celle de la classe politique dominante dans notre pays depuis les indépendances. Cette manière de diaboliser la participation politique ne vise-t-elle pas la fermeture de la porte devant toute velléité de un homme religieux de vouloir participer à la conduite de notre vie publique. Par ce biais on parvient à écarter une frange importante de la société pour les confiner à des rôles de régulateurs ou sapeurs pompiers. Certes, ces rôles sont importantes, mais il n'est pas moins importante de vouloir participer à la prise de décisions régissant notre vie publique.

Les politiques ne consultent que rarement les hommes religieux dans les grands projets qui touchent la vie des centaines de milieux de leurs disciples. Et ces derniers ne sont pas ceux qui occupent les plateaux des radio et des télévisions.

Je sais que le rôle principal d'un guide religieux est d'assurer une éducation spirituelle pour ses disciples. Cependant ce rôle n'enlève pas son droit à la participation politique en tant que "citoyen ordinaire" qui s'intéresse aux conditions de vie de ses concitoyens.

Celui qui s'oppose à la participation d'un chef religieux à la vie politique est, à mon sens, l'un des deux: soit un fidèle soucieux de la préservation de la religion et du statut sacré du guide contre les effets néfastes de la politique politicienne avec tous ses maux, soit un partisan voulant préserver les intérêts d'une classe politique qui salit ce champs afin de mieux s'en accaparer.

Les textes qu'on évoque pour incriminer le rapprochement entre les ouléma et salatin ( savants musulmans et rois ) doivent être compris dans un contexte où les premiers cherchent des biens auprès des seconds sans avoir aucune influence positive sur leur gestion des affaires publiques. Dans un contexte démocratique, l'optique peut changer. Le débat doit-il alors porter sur le principe de la participation des religieux à la vie politique ou sur ses conditions et ses modalités ?

Le contexte d'une démocratie ouverte qui fait que, grâce à la magie de la politique, des gens parfois sans compétence ni éthique deviennent des décideurs, ne milite pas pour le maintien de ce statuquo ; d'où la nécessité d'envisager un changent des mentalités et d'arrêter la campagne de diabolisation systématique. S'il y a des intérêts politiques derrières cette campagne, les disciples eux doivent refuser d'être embarqués par les assauts médiatiques mal intentionnés et savoir séparer le bon grain de l'ivraie.
En effet, le refus de l'exploitation des consciences ou de la politique politicienne pour des intérêts personnels doit être catégorique d'où qu'elle vienne : d'un marabout, d'un homme d'affaires ou d'un politicien professionnel.
Ce sont, en somme, de petites réflexions et questionnements qui m'ont été inspirés par le débat en cours concernant la participation éventuelle de quelques marabouts au élections législatives à venir.

Par Same Bousso Abdourahmane

Thiès, le 14 juin 2017

jeudi 19 janvier 2017

Conditions d’apprentissage et performance dans les daara



Résumé de la communication

L’Etat du Sénégal a pris des mesures pour l’amélioration des curricula et des conditions d’apprentissage dans les daara. Ces derniers dispensent un enseignement spécifique et souvent tourné vers l’apprentissage du Coran. Certains enfants ne connaitront pas une autre forme d’apprentissage. Il s’agit donc de s’intéresser aux connaissances de base que devrait acquérir tout enfant afin qu’il soit autonome. Que savent donc les apprenants des daaraen dehors de la mémorisation du Coran? Quels sont les déterminants des performances des apprenants du daara en lecture et en mathématiques? Pour répondre à ces questions, l’analyse des données de l’enquête Jàngandoo a montré que les enfants issus des daara ont de plus faibles performances avec des taux de réussite aux tests de 12% en lecture et 4% en mathématiques. Nous verrons aussi dans cet article les déterminants des performances des enfants des daara

Télécharcher l'artcile complet sur le site du symposium sur l'enfance au Sénégal :

lundi 7 novembre 2016

Bamba Xam bëgg Ou la vie de Cheikh Ahmadou Bamba en BD de Ser Cheikh Fatma Mbacké : Présentation

Introduction
L'ouvrage que nous tentons de présenter est une Bande Dessinée écrite par Serigne Cheikh Fatma Mbacké fils de Serigne Moustapha Bassirou Mbacké et illustrée par l'artiste Moussa Diallo.
C'est le tome n°1 d'une série d’albums consacrée à la vie de Cheikh Ahmadou Bamba fondateur de la Mouridyya.

L'ouvrage se présente brièvement en trois parties :
  • les justifications et la pertinence de cet ouvrage,
  • les contenus dans leur diversité,
  • l'intérêt littéraire et pédagogique de cet ouvrage.
I) les justifications et la pertinence de cet ouvrage
  • Le rôle de l'hagiographie des saints dans une société
Les grandes figures d'une société humaine constituent des repères qui contribuent à forger son identité. Dans l'islam, l'histoire des prophètes et saints occupe une place prépondérante. En fait, le Saint Coran nous raconte des récits de la vie de plusieurs prophètes depuis Adam jusqu'au Sceau des Prophètes Mouhamad ( Paix et Salut sur Eux) en passant par Abraham, Moïse, Youssef et autres.
En effet, ces récits ont une portée éducative ; Allah SWT a dit dans la sourate Yussuf V. 111
لقد كان في قصصهم عبرة لأولى الألباب
« Dans leurs récits, il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence ».
  • La vie de Cheikh Ahmadou Bamba comme viatique
Cheikh Ahmadou Bamba constitue l'un des figures emblématiques de l'histoire du Sénégal du fait de son rôle dans le renforcement de l'identité islamique du pays et la résistance face au colonialisme.
Il a mené une vie exemplaire, pleine d'enseignement pour les générations actuelles et futures (foi, patience, sacrifice, amour, tolérance...). Elle mérite d'être connue par les jeunes et les générations futures.

Au moment où l'on déplore le manque de valeurs, l'absence de repères et de références, il devient primordial de propager la vie et l'oeuvre de Cheikh Ahmadou Bamba auprès des ces jeunes générations afin d'influencer leur éducation. Pour ce faire, aucun moyen de diffusion ne doit être laissé en rade particulièrement les média qui attirent le plus les enfants et les jeunes. A l’évidence, parmi ces genres littéraires, la BD a fini par s'imposer du fait de son attrait auprès des jeunes.

C'est peut être ce qui a motivé Serigne Cheikh Fatma à choisir ce genre littéraire pour permettre aux jeunes voire aux adultes de s'approprier la biographie et les enseignements de Cheikh À Bamba.

II Contenus de l'ouvrage
Cet ouvrage est le premier album d'une série destinée à présenter aux lecteurs ( jeunes et adultes) la vie de Cheikh Ahmadou Bamba fondateur de la Mouridyya.
Dans ce tome, l'auteur a abordé les origines de Cheikh AHMADOU Bamba. Mais en racontant l'histoire glorieuse de la famille, il pu en desceller des enseignements précieux pour les jeunes enfants et corriger des clichés erronés, très rependus dans la culture populaire concernant les mourides.

Les origines de Mbacké
En retraçant les origines du Cheikh, l'auteur a évoqué des personnages, des lieux et des événements historique. Il a ainsi cité successivement:

a) les personnages
  1. Mame Oussman Mbacké qui a quitté le Fouta pour le Jolof est le premier des Mbacké à parler wolof (ses activités : enseignement et agriculture ),
  1. Mame Habouboullah (Mame Balla le Grand) père de Mame Maram qui a quitté Nguénnene pour niangène (relation des Mbacké avec le Bourba Jolof qui a donné sa soeur Arame Niang en mariage à Mame Balla ),
  1. Mame Marame Mbaké (1111 H 1690 G): (ses études auprès de Mame Massamba Thiam à Tabalang au Kayor avec comme condisciple (Makhtar Ndoumbé Diop, le fondateur de Koky, Serigne Malamine Sarr, le fondateur de Careen Jama,
4. Mame Balla Aycha et son installation à Mbacké ses occupations et son assassinat à Ngaye,
     5. Mame Mor Anta Saly : Ses études auprès de son père de Mame Makhtar Ndoumbé de amadou Sall du Village de Bamba.

     6. Mame Diarra :
ses origines (Serigne Mboussobe et Mame Asta Waalo)
  • Ses sacrifices en faveur de sa famille (vente de ses bijoux pour la nourriture utilisation de sa malle comme bois de chauffe)
  • Ses bonnes actions, sa loyauté et son engagement,
       7. Maba Diakhou BA et ses batailles,
       8. Lat Dior.

b) les lieux
L'auteur a parlé des provinces (Fuuta, Jolof , Bawol, Kayor, Saalum ), des villages Tabalang, Caareen Jama, Mbacké sanianka, Koky Poroxaan (la vie de Mame Diaara dans ce lieu, ses sites historiques, son magal, le décès de Mame Diarra ).

c) Les événements historiques

Parmi les événements historiques évoqués,
  • l'assassinat de Serigne Malamine Sarr par le roi Amary Ngoné ( les causes et les conséquences),
  • La venue de Mame Maram et son entrevue avec le roi,
  • La création de Mbacké Bawol en 1790,
  • La visite de Cheikhou Oumar à Mbacké et sa prédiction pour la naissance de Cheikh A Bamba,
  • La naissance de Cheikh Ahmadou Bamba : son enfance, ses études, son séjour au Saloum.

d) les enseignements

L'ouvrage contient au delà du récit, des enseignements précieux parmi lesquels :
  1. l'importance primordiale du travail de la terre pour un guide religieux,
  2. le travail fait pour son maître comme moyen de recherche de la « baraka »,
  3. Exhortation des talibés et des élèves à un dévouement envers leurs maitres ( référence nahju),
  4. le partage des mêmes valeurs islamiques par les confréries soufies du Sénégal (cf Tazawudu Shikhar Page 17),
  5. Liens de parenté entre Cheikh Ahmadou Bamba et El Hadji Malick Sy,
  6. La nécessité de garder le silence durant l'azan (l'appel à la prière ) page 18,
  7. L'importance des arbres pour la survie de l'humanité (page 39).
En somme, ses enseignements mis en exergue dénotent chez l'auteur un intérêt en faveur de la bonne éducation, la cohésion sociale et la protection de l'environnement.


III l'intérêt littéraire et pédagogique de cet ouvrage

a) l'intérêt littéraire
La BD est connue comme étant un « média polyphonique qui fait appel à différents arts (la littérature pour les dialogues et la peinture pour les effets)
L'auteur et l'illustrateur ont su exploiter les possibilités narratives offertes par l'image pour raconter l'histoire.

Dans cet ouvrage les principales fonctions de la BD ont été mises à profit à savoir :
1- la fonction représentative: qui est une capacité de mettre en image un texte, ce qui passe par une symbolisation permettant de présenter les personnages et les événements.
2- la fonction qualificative : qui constitue un rapport de complémentarité entre le texte et l'image ( l'image exprime ce que le texte ne formule pas et vis-versa ).
3- la fonction interprétative : c'est-à-dire la capacité de symbolisation du récit au travers des couleurs, des topographies, des onomatopées.

En plus de ces aspects littéraires, il y a un intérêt pédagogique réel dans l'utilisation de ce média (la BD)

b) l'intérêt pédagogique
Comme il a été bien noté par des spécialistes, “bien avant de savoir lire les mots, les enfants apprennent donc à lire les images et à faire les liens entre elles afin de comprendre une histoire donnée (Demers, 1994; Gauthier, 1996).
Il a été avancé aussi que « tous les enfants semblent comprendre une histoire "dessinée " avant même de savoir déchiffrer le code linguistique » (Gauthier, 1996).
Donc, l'intérêt qui se trouve dans l'utilisation de la BD à des fins pédagogiques a été bien prouvé par des pédagogues.

Conclusion

En définitive, l'auteur de la BD Bamba Xam Bëgg a réussi à offrir aux lecteurs un ouvrage original bien documenté et référencé dans lequel il a pu retracer de façon simple et accessible les origines de Cheikh AHMADOU Bamba. Il a su aussi à travers l'histoire racontée nous donner des enseignements précieux pour les jeunes enfants. En fin, toutes les possibilités narratives et pédagogiques de la BD ont été exploitées - à mon avis - pour aider les jeunes lecteurs à aborder et appréhender cette histoire pleine d'enseignements pour le bénéfice de la société toute entière. 

samedi 16 juillet 2016

La mendicité des enfants : un dialogue de sourds!

La question de la mendicité des enfants est l'un des sujets les plus étudiés au Sénégal. Il existe une littérature très abondante sur le phénomène. L'Etat, les ONG, les associations des Maitres coraniques et les centres de recherches ont beaucoup produit sur la typologie des mendiants, les causes de la mendicité, les dangers qu'elle provoque ainsi que les pistes de solutions. Mais, lorsqu'un acte est pris sur la question de la mendicité, est toujours accompagné d'une vie polémique, chacun y va avec ses propres arguments sans se référer à ces études.

Concernant la décision récente du Chef de l'Etat, sur le retrait des enfants mendiants de la rue, les positions sont très divergentes. Mais, si l'on suit le débat suscité  on n'a le sentiment qu'il y a un dialogue de sourds sur la question.

En effet, personne n'approuve la persécution et l'exploitation d'enfants innocents dont la place n'est les rues, pour l'unique but de s'enrichir, sauf ceux qui commettent cette forfaiture. En revanche,  tout le monde est d'accord qu'il y a des enfants dont les parents sont pauvres et qui sont confiés à des Serignes Daara dépourvus de  moyens pour la prise en charge correcte de leur nourriture. Le fait que ces enfants pratiquent la mendicité à des heures précises et raisonnables pour se nourrir est tout à fait accepté par la société sénégalaise.

Généralement, les gens qui soutiennent la décision d'interdire la mendicité, parlent de la première catégorie, les enfants exploités. Ceux qui la désapprouvent invoquent  le seconde type de la mendicité en arguant que c'est l'Etat qui doit aider les Serignes Daara dans la prise en charge de ces enfants issus de familles diminues. Donc on ne parle pas généralement de la même chose.
 
Dans ce genre de situation un dialogue direct avec les acteurs est une nécessité pour lever les ambiguïtés et trouver des consensus aidant à trouver des solutions définitives et durables.

mardi 5 juillet 2016

Débats dans l'absolu, exemple de la laïcité

Le Sénégal est connu pour être un pays de dialogue et de débats. On aime discuter sur tous les sujets. La liberté d'opinion est une réalité dans ce pays. À travers les médias, les conférences publiques et les cérémonies de toutes sortes, les intervenants discutent sur des concepts et des faits. Ils échangent généralement en toute sérénité.  C'est une attitude très positive.
Cependant, la remarque que je fais est qu'en réalité, on débat dans l'absolu, sans se coller à nos réalités. Quand il s'agit de concept, on fait abstraction de ses applications concrètes ou ses implications dans notre vie quotidienne.
Je convoque ici, à titre d'exemple, le débat sur la laïcité. Lorsque les gens parlent de ce concept, ils l'abordent d'une manière abstraite, c'est à dire la laïcité en tant que notion, ses origines et sa signification sa légitimité dans notre société.  Mais on n'examine pas objectivement la façon dont elle est réellement vécue, ni ses aspects positifs et négatifs. Les parties prenantes dans le débat adoptent des attitudes figées, on est pour ou contre. Le problème que cette attitude pose est qu'on laisse de côté les véritables questions dont les réponses peuvent nous faire avancer: Par exemple, est ce que la laïcité telle qu'elle est vécue et  au-delà de ses origines ou ses significations, est une chose positive ou négative dans la marche de notre société ? Et pourquoi? Est ce qu'il y a lieu de la renforcer ou de l'enlever ? Et comment ?

À mon avis, si, au lieu de parler dans l'absolu, on posait le débat sur la laïcité à ces termes on trouverait des réponses plus fructueuses pour notre pays.

jeudi 25 février 2016

Le calvaire des élèves précoces au Sénégal.

Je reconnais mon ignorance quant à la logique qui sous tend l'organisation de notre système éducatif : les cycles, leurs durées, les examens certificatifs etc. Toutefois, je constate que les enfants intellectuellement précoces ou surdoués sont les parents pauvres de notre système.

Dans certains pays développés, la participation aux examens est déterminée par l'obtention des connaissances et compétences réacquises et non par l'âge du candidat. Ici au Sénégal l'âge constitue un élément déterminant pour la participation aux examens nationaux. Dès lors, on peut légitimement se poser ces questions : Est-ce qu'il faut retenir un enfant dans un niveau s'il prouve son acquisition des compétences requises pour ce niveau-?. L'un des enjeux de l'Approche Par les compétences (APC) ne réside-t-il pas dans la prise en compte des compétences de l'apprenant et nom les contenus de ses apprentissages ?

Il semble bizarrement qu'au Sénégal, l'APC ne permet pas la prise en charge des élèves intellectuellement précoces (EIP) ou les surdoués. L'enfant est tenu ici de suivre le cycle quelques soit ses compétences ; ses besoins spécifiques sont rarement pris en compte dans les dispositifs d'enseignement apprentissage et d'évaluation. Sur ce point, l'esprit de cette approche par les compétence est, en mon avis, un peu trahi.

Ce problème poursuit beaucoup d'enfant suivant un cursus particulier comme ceux qui ont fait l'école coranique avant de rejoindre l'école publique. Quelquefois, un enfant intellectuellement précoce mémorise le Coran en un laps de temps, reçoit un enseignement intensif basé sur le programme officiel et arrive en terminale avant l'âge requis. A cause de son âge, il se voit bloqué par le système; une montagne infranchissable de justificatifs à fournir se dresse devant lu1i; la plupart de temps il s'oblige à refaire une classe deux ou trois fois avec tout ce que cela engendre comme démotivation et perte de ressources.

Un jours j'ai raconté a un visiteur américain l'anecdote d'un élève qui a été empêché de subir l'examen au baccalauréat à cause de on âge, mon interlocuteur n'en revenait pas!

Dans les systèmes éducatifs majeurs les enfants précoces ou surdoués font l'objet de beaucoup d'intérêt en terme de suivi d'encadrement. En France par exemple « La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école prévoit, dans son article 27 codifié 321-4, une meilleure prise en charge des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières et qui montrent aisance et rapidité dans les activités scolaires, “notamment par des aménagements appropriés”.2

Au Sénégal, on a beau parlé théoriquement de la pédagogie différenciée, la réalité dans nos classes est qu'on est toujours indifférent des problèmes des élèves intellectuellement précoces. Il donc temps de leur réserver «  des aménagements appropriés » !

Same Bousso
Inspecteur de l'Enseignement Arabe

1Voir « la note rectorale n° 0901/CAB/REC du 13 février 2012 » dans le site de l'Office du Bac (www.officedubac.sn/)

2Cf le site web http://eduscol.education.fr/

samedi 30 janvier 2016

L'Affaire de la caricature : Il ne faut jamais tomber dans le piège !

Le débat sur l'homosexualité fait rage ces derniers moments, en prenant une tournure défavorable aux partisans de ce phénomène. La société sénégalaise a montré, dans sa grande majorité,  sa répugnance face à cette tendance contraire à ses valeurs.  La campagne sciemment orchestrée pour faire accepter l'homosexualité  a produit des effets inattendus par ses promoteurs; à travers les médias et les réseaux sociaux la désapprobation est quasi unanime.

Pour réorienter ce débat, les forces occultes ont eu recours à une ignoble provocation, à savoir la caricature  du vénérée guide de Mourides Cheikhouna Ahmadou Bamba ( qu'Allah soit satisfait de lui ). C'est une provocation fâcheuse qui mérite condamnation et protestation. Mais à plusieurs égards, il est nécessaire d'être  lucide et d'avoir une attitude réfléchie  et responsable face à cet acte irresponsable.

D'abord il ne faut pas tomber dans le piège tendu visant à étouffer cette condamnation  populaire de ces nouvelles tendances contre nature et en détourner les regards. 

Par ailleurs, les ennemies de l'islam ne veulent jamais accepter qu'il est une religion de paix et de tolérance, même s'il existe des courants extrémistes dans le monde musulman. La provocation d'une confrérie soufie connue de sa culture de paix et de  non violence, si elle réussit, leur donnerait une occasion de prouver que les musulmans quelques soient leurs obédiences sont de nature violente, fanatique et réactionnaire.
 
Enfin, cette offense contre le Cheikh me semble tout à fait habituelle dans la mesure ou le Prophète Mouhammad (Paix et Salut sur Lui) l'a subie ainsi que le Saint Coran. En effet, aucun symbole authentique de l'Islam ne saurait échapper aux tentatives malsaines venant des forces sataniques. Mais il s'avère indispensable d'évaluer la situation de mettre en place des stratégies appropriées pour faire face convenablement à de tels événements.
 
Je sais qu'il est extrêmement difficile de maîtriser une pareille indignation, mais on n'a pas le choix de ne pas suivre l'appel du Khalif au calme, un appel qui est conforme aux enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba ( qu'Allah soit satisfait de lui ) et à la tradition de ses successeurs. 

Avec certaines manifestations et comportements, on risque de rendre un grand service aux auteurs de cette forfaiture en  tombant dans leur piège ;  ce qu'il faut nécessairement éviter. 
                                           Same Bousso Abdourahman