Message de bienvenue

Au nom de Dieu, le Clément le Miséricordieux.

Chers lecteurs!
je vous souhaite la bienvenue dans ce blog destiné à mes sœurs et frères épris du savoir, du dialogue et d'échange.
Ce blog a pour objet de susciter des débats fructueux autour des questions touchant tous les domaines de notre vie, particulièrement notre vie religieuse.

lundi 7 novembre 2016

Bamba Xam bëgg Ou la vie de Cheikh Ahmadou Bamba en BD de Ser Cheikh Fatma Mbacké : Présentation

Introduction
L'ouvrage que nous tentons de présenter est une Bande Dessinée écrite par Serigne Cheikh Fatma Mbacké fils de Serigne Moustapha Bassirou Mbacké et illustrée par l'artiste Moussa Diallo.
C'est le tome n°1 d'une série d’albums consacrée à la vie de Cheikh Ahmadou Bamba fondateur de la Mouridyya.

L'ouvrage se présente brièvement en trois parties :
  • les justifications et la pertinence de cet ouvrage,
  • les contenus dans leur diversité,
  • l'intérêt littéraire et pédagogique de cet ouvrage.
I) les justifications et la pertinence de cet ouvrage
  • Le rôle de l'hagiographie des saints dans une société
Les grandes figures d'une société humaine constituent des repères qui contribuent à forger son identité. Dans l'islam, l'histoire des prophètes et saints occupe une place prépondérante. En fait, le Saint Coran nous raconte des récits de la vie de plusieurs prophètes depuis Adam jusqu'au Sceau des Prophètes Mouhamad ( Paix et Salut sur Eux) en passant par Abraham, Moïse, Youssef et autres.
En effet, ces récits ont une portée éducative ; Allah SWT a dit dans la sourate Yussuf V. 111
لقد كان في قصصهم عبرة لأولى الألباب
« Dans leurs récits, il y a certes une leçon pour les gens doués d’intelligence ».
  • La vie de Cheikh Ahmadou Bamba comme viatique
Cheikh Ahmadou Bamba constitue l'un des figures emblématiques de l'histoire du Sénégal du fait de son rôle dans le renforcement de l'identité islamique du pays et la résistance face au colonialisme.
Il a mené une vie exemplaire, pleine d'enseignement pour les générations actuelles et futures (foi, patience, sacrifice, amour, tolérance...). Elle mérite d'être connue par les jeunes et les générations futures.

Au moment où l'on déplore le manque de valeurs, l'absence de repères et de références, il devient primordial de propager la vie et l'oeuvre de Cheikh Ahmadou Bamba auprès des ces jeunes générations afin d'influencer leur éducation. Pour ce faire, aucun moyen de diffusion ne doit être laissé en rade particulièrement les média qui attirent le plus les enfants et les jeunes. A l’évidence, parmi ces genres littéraires, la BD a fini par s'imposer du fait de son attrait auprès des jeunes.

C'est peut être ce qui a motivé Serigne Cheikh Fatma à choisir ce genre littéraire pour permettre aux jeunes voire aux adultes de s'approprier la biographie et les enseignements de Cheikh À Bamba.

II Contenus de l'ouvrage
Cet ouvrage est le premier album d'une série destinée à présenter aux lecteurs ( jeunes et adultes) la vie de Cheikh Ahmadou Bamba fondateur de la Mouridyya.
Dans ce tome, l'auteur a abordé les origines de Cheikh AHMADOU Bamba. Mais en racontant l'histoire glorieuse de la famille, il pu en desceller des enseignements précieux pour les jeunes enfants et corriger des clichés erronés, très rependus dans la culture populaire concernant les mourides.

Les origines de Mbacké
En retraçant les origines du Cheikh, l'auteur a évoqué des personnages, des lieux et des événements historique. Il a ainsi cité successivement:

a) les personnages
  1. Mame Oussman Mbacké qui a quitté le Fouta pour le Jolof est le premier des Mbacké à parler wolof (ses activités : enseignement et agriculture ),
  1. Mame Habouboullah (Mame Balla le Grand) père de Mame Maram qui a quitté Nguénnene pour niangène (relation des Mbacké avec le Bourba Jolof qui a donné sa soeur Arame Niang en mariage à Mame Balla ),
  1. Mame Marame Mbaké (1111 H 1690 G): (ses études auprès de Mame Massamba Thiam à Tabalang au Kayor avec comme condisciple (Makhtar Ndoumbé Diop, le fondateur de Koky, Serigne Malamine Sarr, le fondateur de Careen Jama,
4. Mame Balla Aycha et son installation à Mbacké ses occupations et son assassinat à Ngaye,
     5. Mame Mor Anta Saly : Ses études auprès de son père de Mame Makhtar Ndoumbé de amadou Sall du Village de Bamba.

     6. Mame Diarra :
ses origines (Serigne Mboussobe et Mame Asta Waalo)
  • Ses sacrifices en faveur de sa famille (vente de ses bijoux pour la nourriture utilisation de sa malle comme bois de chauffe)
  • Ses bonnes actions, sa loyauté et son engagement,
       7. Maba Diakhou BA et ses batailles,
       8. Lat Dior.

b) les lieux
L'auteur a parlé des provinces (Fuuta, Jolof , Bawol, Kayor, Saalum ), des villages Tabalang, Caareen Jama, Mbacké sanianka, Koky Poroxaan (la vie de Mame Diaara dans ce lieu, ses sites historiques, son magal, le décès de Mame Diarra ).

c) Les événements historiques

Parmi les événements historiques évoqués,
  • l'assassinat de Serigne Malamine Sarr par le roi Amary Ngoné ( les causes et les conséquences),
  • La venue de Mame Maram et son entrevue avec le roi,
  • La création de Mbacké Bawol en 1790,
  • La visite de Cheikhou Oumar à Mbacké et sa prédiction pour la naissance de Cheikh A Bamba,
  • La naissance de Cheikh Ahmadou Bamba : son enfance, ses études, son séjour au Saloum.

d) les enseignements

L'ouvrage contient au delà du récit, des enseignements précieux parmi lesquels :
  1. l'importance primordiale du travail de la terre pour un guide religieux,
  2. le travail fait pour son maître comme moyen de recherche de la « baraka »,
  3. Exhortation des talibés et des élèves à un dévouement envers leurs maitres ( référence nahju),
  4. le partage des mêmes valeurs islamiques par les confréries soufies du Sénégal (cf Tazawudu Shikhar Page 17),
  5. Liens de parenté entre Cheikh Ahmadou Bamba et El Hadji Malick Sy,
  6. La nécessité de garder le silence durant l'azan (l'appel à la prière ) page 18,
  7. L'importance des arbres pour la survie de l'humanité (page 39).
En somme, ses enseignements mis en exergue dénotent chez l'auteur un intérêt en faveur de la bonne éducation, la cohésion sociale et la protection de l'environnement.


III l'intérêt littéraire et pédagogique de cet ouvrage

a) l'intérêt littéraire
La BD est connue comme étant un « média polyphonique qui fait appel à différents arts (la littérature pour les dialogues et la peinture pour les effets)
L'auteur et l'illustrateur ont su exploiter les possibilités narratives offertes par l'image pour raconter l'histoire.

Dans cet ouvrage les principales fonctions de la BD ont été mises à profit à savoir :
1- la fonction représentative: qui est une capacité de mettre en image un texte, ce qui passe par une symbolisation permettant de présenter les personnages et les événements.
2- la fonction qualificative : qui constitue un rapport de complémentarité entre le texte et l'image ( l'image exprime ce que le texte ne formule pas et vis-versa ).
3- la fonction interprétative : c'est-à-dire la capacité de symbolisation du récit au travers des couleurs, des topographies, des onomatopées.

En plus de ces aspects littéraires, il y a un intérêt pédagogique réel dans l'utilisation de ce média (la BD)

b) l'intérêt pédagogique
Comme il a été bien noté par des spécialistes, “bien avant de savoir lire les mots, les enfants apprennent donc à lire les images et à faire les liens entre elles afin de comprendre une histoire donnée (Demers, 1994; Gauthier, 1996).
Il a été avancé aussi que « tous les enfants semblent comprendre une histoire "dessinée " avant même de savoir déchiffrer le code linguistique » (Gauthier, 1996).
Donc, l'intérêt qui se trouve dans l'utilisation de la BD à des fins pédagogiques a été bien prouvé par des pédagogues.

Conclusion

En définitive, l'auteur de la BD Bamba Xam Bëgg a réussi à offrir aux lecteurs un ouvrage original bien documenté et référencé dans lequel il a pu retracer de façon simple et accessible les origines de Cheikh AHMADOU Bamba. Il a su aussi à travers l'histoire racontée nous donner des enseignements précieux pour les jeunes enfants. En fin, toutes les possibilités narratives et pédagogiques de la BD ont été exploitées - à mon avis - pour aider les jeunes lecteurs à aborder et appréhender cette histoire pleine d'enseignements pour le bénéfice de la société toute entière. 

samedi 16 juillet 2016

La mendicité des enfants : un dialogue de sourds!

La question de la mendicité des enfants est l'un des sujets les plus étudiés au Sénégal. Il existe une littérature très abondante sur le phénomène. L'Etat, les ONG, les associations des Maitres coraniques et les centres de recherches ont beaucoup produit sur la typologie des mendiants, les causes de la mendicité, les dangers qu'elle provoque ainsi que les pistes de solutions. Mais, lorsqu'un acte est pris sur la question de la mendicité, est toujours accompagné d'une vie polémique, chacun y va avec ses propres arguments sans se référer à ces études.

Concernant la décision récente du Chef de l'Etat, sur le retrait des enfants mendiants de la rue, les positions sont très divergentes. Mais, si l'on suit le débat suscité  on n'a le sentiment qu'il y a un dialogue de sourds sur la question.

En effet, personne n'approuve la persécution et l'exploitation d'enfants innocents dont la place n'est les rues, pour l'unique but de s'enrichir, sauf ceux qui commettent cette forfaiture. En revanche,  tout le monde est d'accord qu'il y a des enfants dont les parents sont pauvres et qui sont confiés à des Serignes Daara dépourvus de  moyens pour la prise en charge correcte de leur nourriture. Le fait que ces enfants pratiquent la mendicité à des heures précises et raisonnables pour se nourrir est tout à fait accepté par la société sénégalaise.

Généralement, les gens qui soutiennent la décision d'interdire la mendicité, parlent de la première catégorie, les enfants exploités. Ceux qui la désapprouvent invoquent  le seconde type de la mendicité en arguant que c'est l'Etat qui doit aider les Serignes Daara dans la prise en charge de ces enfants issus de familles diminues. Donc on ne parle pas généralement de la même chose.
 
Dans ce genre de situation un dialogue direct avec les acteurs est une nécessité pour lever les ambiguïtés et trouver des consensus aidant à trouver des solutions définitives et durables.

mardi 5 juillet 2016

Débats dans l'absolu, exemple de la laïcité

Le Sénégal est connu pour être un pays de dialogue et de débats. On aime discuter sur tous les sujets. La liberté d'opinion est une réalité dans ce pays. À travers les médias, les conférences publiques et les cérémonies de toutes sortes, les intervenants discutent sur des concepts et des faits. Ils échangent généralement en toute sérénité.  C'est une attitude très positive.
Cependant, la remarque que je fais est qu'en réalité, on débat dans l'absolu, sans se coller à nos réalités. Quand il s'agit de concept, on fait abstraction de ses applications concrètes ou ses implications dans notre vie quotidienne.
Je convoque ici, à titre d'exemple, le débat sur la laïcité. Lorsque les gens parlent de ce concept, ils l'abordent d'une manière abstraite, c'est à dire la laïcité en tant que notion, ses origines et sa signification sa légitimité dans notre société.  Mais on n'examine pas objectivement la façon dont elle est réellement vécue, ni ses aspects positifs et négatifs. Les parties prenantes dans le débat adoptent des attitudes figées, on est pour ou contre. Le problème que cette attitude pose est qu'on laisse de côté les véritables questions dont les réponses peuvent nous faire avancer: Par exemple, est ce que la laïcité telle qu'elle est vécue et  au-delà de ses origines ou ses significations, est une chose positive ou négative dans la marche de notre société ? Et pourquoi? Est ce qu'il y a lieu de la renforcer ou de l'enlever ? Et comment ?

À mon avis, si, au lieu de parler dans l'absolu, on posait le débat sur la laïcité à ces termes on trouverait des réponses plus fructueuses pour notre pays.

jeudi 25 février 2016

Le calvaire des élèves précoces au Sénégal.

Je reconnais mon ignorance quant à la logique qui sous tend l'organisation de notre système éducatif : les cycles, leurs durées, les examens certificatifs etc. Toutefois, je constate que les enfants intellectuellement précoces ou surdoués sont les parents pauvres de notre système.

Dans certains pays développés, la participation aux examens est déterminée par l'obtention des connaissances et compétences réacquises et non par l'âge du candidat. Ici au Sénégal l'âge constitue un élément déterminant pour la participation aux examens nationaux. Dès lors, on peut légitimement se poser ces questions : Est-ce qu'il faut retenir un enfant dans un niveau s'il prouve son acquisition des compétences requises pour ce niveau-?. L'un des enjeux de l'Approche Par les compétences (APC) ne réside-t-il pas dans la prise en compte des compétences de l'apprenant et nom les contenus de ses apprentissages ?

Il semble bizarrement qu'au Sénégal, l'APC ne permet pas la prise en charge des élèves intellectuellement précoces (EIP) ou les surdoués. L'enfant est tenu ici de suivre le cycle quelques soit ses compétences ; ses besoins spécifiques sont rarement pris en compte dans les dispositifs d'enseignement apprentissage et d'évaluation. Sur ce point, l'esprit de cette approche par les compétence est, en mon avis, un peu trahi.

Ce problème poursuit beaucoup d'enfant suivant un cursus particulier comme ceux qui ont fait l'école coranique avant de rejoindre l'école publique. Quelquefois, un enfant intellectuellement précoce mémorise le Coran en un laps de temps, reçoit un enseignement intensif basé sur le programme officiel et arrive en terminale avant l'âge requis. A cause de son âge, il se voit bloqué par le système; une montagne infranchissable de justificatifs à fournir se dresse devant lu1i; la plupart de temps il s'oblige à refaire une classe deux ou trois fois avec tout ce que cela engendre comme démotivation et perte de ressources.

Un jours j'ai raconté a un visiteur américain l'anecdote d'un élève qui a été empêché de subir l'examen au baccalauréat à cause de on âge, mon interlocuteur n'en revenait pas!

Dans les systèmes éducatifs majeurs les enfants précoces ou surdoués font l'objet de beaucoup d'intérêt en terme de suivi d'encadrement. En France par exemple « La loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école prévoit, dans son article 27 codifié 321-4, une meilleure prise en charge des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières et qui montrent aisance et rapidité dans les activités scolaires, “notamment par des aménagements appropriés”.2

Au Sénégal, on a beau parlé théoriquement de la pédagogie différenciée, la réalité dans nos classes est qu'on est toujours indifférent des problèmes des élèves intellectuellement précoces. Il donc temps de leur réserver «  des aménagements appropriés » !

Same Bousso
Inspecteur de l'Enseignement Arabe

1Voir « la note rectorale n° 0901/CAB/REC du 13 février 2012 » dans le site de l'Office du Bac (www.officedubac.sn/)

2Cf le site web http://eduscol.education.fr/

samedi 30 janvier 2016

L'Affaire de la caricature : Il ne faut jamais tomber dans le piège !

Le débat sur l'homosexualité fait rage ces derniers moments, en prenant une tournure défavorable aux partisans de ce phénomène. La société sénégalaise a montré, dans sa grande majorité,  sa répugnance face à cette tendance contraire à ses valeurs.  La campagne sciemment orchestrée pour faire accepter l'homosexualité  a produit des effets inattendus par ses promoteurs; à travers les médias et les réseaux sociaux la désapprobation est quasi unanime.

Pour réorienter ce débat, les forces occultes ont eu recours à une ignoble provocation, à savoir la caricature  du vénérée guide de Mourides Cheikhouna Ahmadou Bamba ( qu'Allah soit satisfait de lui ). C'est une provocation fâcheuse qui mérite condamnation et protestation. Mais à plusieurs égards, il est nécessaire d'être  lucide et d'avoir une attitude réfléchie  et responsable face à cet acte irresponsable.

D'abord il ne faut pas tomber dans le piège tendu visant à étouffer cette condamnation  populaire de ces nouvelles tendances contre nature et en détourner les regards. 

Par ailleurs, les ennemies de l'islam ne veulent jamais accepter qu'il est une religion de paix et de tolérance, même s'il existe des courants extrémistes dans le monde musulman. La provocation d'une confrérie soufie connue de sa culture de paix et de  non violence, si elle réussit, leur donnerait une occasion de prouver que les musulmans quelques soient leurs obédiences sont de nature violente, fanatique et réactionnaire.
 
Enfin, cette offense contre le Cheikh me semble tout à fait habituelle dans la mesure ou le Prophète Mouhammad (Paix et Salut sur Lui) l'a subie ainsi que le Saint Coran. En effet, aucun symbole authentique de l'Islam ne saurait échapper aux tentatives malsaines venant des forces sataniques. Mais il s'avère indispensable d'évaluer la situation de mettre en place des stratégies appropriées pour faire face convenablement à de tels événements.
 
Je sais qu'il est extrêmement difficile de maîtriser une pareille indignation, mais on n'a pas le choix de ne pas suivre l'appel du Khalif au calme, un appel qui est conforme aux enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba ( qu'Allah soit satisfait de lui ) et à la tradition de ses successeurs. 

Avec certaines manifestations et comportements, on risque de rendre un grand service aux auteurs de cette forfaiture en  tombant dans leur piège ;  ce qu'il faut nécessairement éviter. 
                                           Same Bousso Abdourahman

lundi 11 janvier 2016

Le PARC doit-il reproduire l'erreur du CEB ?!

Le système éducatif sénégalais a connu, ces dernières années, plusieurs réformes et innovations visant à le rendre plus efficace, plus démocratique et plus équitable. L'une de ces réformes majeures est la mise en place du curriculum de l'éducation de base (CEB).
Cette importante innovation, censée révolutionner notre école, est partie avec une grave lacune à savoir son oubli injustifié de l'enseignement arabe qui occupe une place considérable dans les programmes en vigueur de l'école sénégalaise. Cet état de fait a pour conséquence la coexistence de deux systèmes parallèles avec deux vitesses inégales. Au moment où dans une même classe le français et ses disciplines rattachées sont  enseignés conformément à  l'Approche Par les Compétences, l'arabe et l'éducation religieuse demeurent enfermées dans une approche désuète, la  Pédagogie Par Objectifs.
Cette incohérence me semble contradictoire avec les importantes initiatives prises ces derniers années par l'Etat en faveur de l'enseignement arabo islamiques. Parmi ces initiatives, on peut citer l'augmentation du crédit horaire de l'arabe et l'introduction de l'enseignement religieux dans l'élémentaire, la création d'écoles franco arabes publiques, le projet de modernisation des Daara etc .

À la suite du PDEF, le nouveau programme dénommé PAQUET ( Programme d'Amélioration de l'Equité, de la Qualité et de la Transparence) avait, en réalité, donné l'espoir aux franges marginalisées ou exclues qui y entrevoyaient une volonté d'éradiquer les disparités. Cet espoir est d'autant plus justifié que ce nouveau programme est élaboré pour traduire la  nouvelle politique éducative sénégalaise basée sur les principes  d'équité et d'inclusion. Ce sentiment était corroboré, d’une part,  par les recommandations des Assises de l’Education et de la Formation suivi de celles issues du Conseil Présidentiel, qui ont mis l’accent sur le développement de l’enseignement arabe et les daara. On a dit clairement dans la décision n°4 de ce conseil " Développer l'enseignement arabo-islamique et l'articuler au système éducatif. Le choix de 100 Daara dans le PAQEEB ( Programme d'Amélioration de la Qualité et de l'Equité de l'Education de Base) et la relance du PAMOD (Projet  d'Appui à la Modernisation des Daara) ont, d’autre part renforcé l’optimisme.

Tous ces signaux portaient à croire que l'erreur commise dans la conception et la mise en œuvre du CEB serait corrigée. C'est pourquoi notre espoir à reçu un coup de massue, lorsqu'il à été porté à notre connaissance le Projet d'Appui au Renouveau des Curricula ( PARC). Ce nouveau projet   revêt  une importance particulière dans la mesure où il   "a pour objectif d'élaborer un curriculum unifié de la maternelle à la classe terminale sur une durée de trois ans".
Sans connaître le contenu du document sur l'orientation du projet, nous avons peur que l'histoire se répète et que l'erreur du CEB se reproduise. En effet, ni les disciplines énumérées ni les profils des points focaux du projet n'indique l'intégration de l'enseignement arabe dans le dispositif et on risque de ne voir aucun spécialiste de l'enseignement arabe faire partie de  l'équipe qui pilote le programme, comme c'était le cas dans le secrétariat technique permanent ( STP ) du CEB.

Donc, n'y a-t-il pas lieu d'alerter à temps afin qu’on puisse rectifier si notre crainte s’avère justifiée ?!