Message de bienvenue

Au nom de Dieu, le Clément le Miséricordieux.

Chers lecteurs!
je vous souhaite la bienvenue dans ce blog destiné à mes sœurs et frères épris du savoir, du dialogue et d'échange.
Ce blog a pour objet de susciter des débats fructueux autour des questions touchant tous les domaines de notre vie, particulièrement notre vie religieuse.

samedi 16 juillet 2016

La mendicité des enfants : un dialogue de sourds!

La question de la mendicité des enfants est l'un des sujets les plus étudiés au Sénégal. Il existe une littérature très abondante sur le phénomène. L'Etat, les ONG, les associations des Maitres coraniques et les centres de recherches ont beaucoup produit sur la typologie des mendiants, les causes de la mendicité, les dangers qu'elle provoque ainsi que les pistes de solutions. Mais, lorsqu'un acte est pris sur la question de la mendicité, est toujours accompagné d'une vie polémique, chacun y va avec ses propres arguments sans se référer à ces études.

Concernant la décision récente du Chef de l'Etat, sur le retrait des enfants mendiants de la rue, les positions sont très divergentes. Mais, si l'on suit le débat suscité  on n'a le sentiment qu'il y a un dialogue de sourds sur la question.

En effet, personne n'approuve la persécution et l'exploitation d'enfants innocents dont la place n'est les rues, pour l'unique but de s'enrichir, sauf ceux qui commettent cette forfaiture. En revanche,  tout le monde est d'accord qu'il y a des enfants dont les parents sont pauvres et qui sont confiés à des Serignes Daara dépourvus de  moyens pour la prise en charge correcte de leur nourriture. Le fait que ces enfants pratiquent la mendicité à des heures précises et raisonnables pour se nourrir est tout à fait accepté par la société sénégalaise.

Généralement, les gens qui soutiennent la décision d'interdire la mendicité, parlent de la première catégorie, les enfants exploités. Ceux qui la désapprouvent invoquent  le seconde type de la mendicité en arguant que c'est l'Etat qui doit aider les Serignes Daara dans la prise en charge de ces enfants issus de familles diminues. Donc on ne parle pas généralement de la même chose.
 
Dans ce genre de situation un dialogue direct avec les acteurs est une nécessité pour lever les ambiguïtés et trouver des consensus aidant à trouver des solutions définitives et durables.

mardi 5 juillet 2016

Débats dans l'absolu, exemple de la laïcité

Le Sénégal est connu pour être un pays de dialogue et de débats. On aime discuter sur tous les sujets. La liberté d'opinion est une réalité dans ce pays. À travers les médias, les conférences publiques et les cérémonies de toutes sortes, les intervenants discutent sur des concepts et des faits. Ils échangent généralement en toute sérénité.  C'est une attitude très positive.
Cependant, la remarque que je fais est qu'en réalité, on débat dans l'absolu, sans se coller à nos réalités. Quand il s'agit de concept, on fait abstraction de ses applications concrètes ou ses implications dans notre vie quotidienne.
Je convoque ici, à titre d'exemple, le débat sur la laïcité. Lorsque les gens parlent de ce concept, ils l'abordent d'une manière abstraite, c'est à dire la laïcité en tant que notion, ses origines et sa signification sa légitimité dans notre société.  Mais on n'examine pas objectivement la façon dont elle est réellement vécue, ni ses aspects positifs et négatifs. Les parties prenantes dans le débat adoptent des attitudes figées, on est pour ou contre. Le problème que cette attitude pose est qu'on laisse de côté les véritables questions dont les réponses peuvent nous faire avancer: Par exemple, est ce que la laïcité telle qu'elle est vécue et  au-delà de ses origines ou ses significations, est une chose positive ou négative dans la marche de notre société ? Et pourquoi? Est ce qu'il y a lieu de la renforcer ou de l'enlever ? Et comment ?

À mon avis, si, au lieu de parler dans l'absolu, on posait le débat sur la laïcité à ces termes on trouverait des réponses plus fructueuses pour notre pays.