Le Magal… un essor scientifique qui dessine les contours de l’avenir

Tout observateur des activités du Magal ne peut manquer de constater l’essor scientifique et culturel remarquable qui caractérise cette édition. Celle-ci se distingue par une élévation significative du niveau académique des activités organisées, tant par la qualité des publications, des colloques et des travaux de recherche que par le niveau des intervenants.

Cette édition a vu la publication de plusieurs ouvrages consacrés au patrimoine islamique mouride, accompagnés de cérémonies de présentation, ainsi que l’organisation de colloques scientifiques de haut niveau réunissant des personnalités académiques de renommée internationale. Des études scientifiques ont également été menées dans divers domaines en lien avec le patrimoine mouride et, plus particulièrement, avec le Magal.

Parmi les publications les plus marquantes figure le roman historique du chercheur Serigne Mam Mor Mbacké Hamdy, intitulé L’Univers sacré de Cheikh Ahmadou Bamba. Dans un style narratif à la fois élégant et captivant, l’auteur retrace la vie et les enseignements de Cheikh Ahmadou Bamba, tout en présentant de nombreuses figures de la Mouridiyya ainsi que les lieux emblématiques de son histoire. Par la richesse de son contenu, cette œuvre constitue une véritable encyclopédie condensée sur la Mouridiyya.

On peut également citer l’ouvrage du chercheur Chouaïb Kébé, intitulé Au-delà des foules, consacré à la jurisprudence de la gratitude (fiqh ach-choukr). L’auteur y établit les fondements doctrinaux et spirituels de la gratitude, qu’il présente comme le principe fondamental de la célébration du 18 Safar, journée instituée par Cheikh Ahmadou Bamba – qu’Allah soit satisfait de lui – comme une manifestation de reconnaissance envers Dieu.

Parmi les publications importantes figure aussi « Manâbir ach-Chahâda fî Charh Marâqî as-Sa‘âda », ouvrage rédigé par le Mufti de Californie, Cheikh Bilal Hallaq. Il y propose un commentaire approfondi du traité Marâqî as-Sa‘âda, composé par Cheikh Ahmadou Bamba dans le domaine de la théologie musulmane (ʿilm at-tawḥîd).

Sur le plan de la recherche scientifique, plusieurs études ont été réalisées sur des questions de développement et de société. Elles portent notamment sur les retombées économiques du Magal, les défis de l’emploi des jeunes à Touba et les problématiques liées aux transports dans la ville. La première étude a été conduite par l’Université Cheikh Ahmadoul Khadim en partenariat avec l’Université Alioune Diop de Bambey, tandis que les deux autres ont été réalisées par le Cercle des experts, désigné par le Khalife général des Mourides sous le nom de « Ashâb al-Janna » (« Les Gens du Paradis »).

Les journées et colloques scientifiques ont également constitué un temps fort de cette édition. L’Université Cheikh Ahmadoul Khadim a organisé des journées scientifiques consacrées aux réseaux sociaux et à l’intelligence artificielle. De son côté, le Dahira Rawdu Rayâhîn a tenu une rencontre scientifique sur les contributions des dirigeants musulmans à la préservation de l’identité islamique du Sénégal et une importante conférence sur le thème" Cheikh Ahmadou Bamba et l'adoration d'Allah". Enfin, Hizbut Tarqiyya, en collaboration avec le Comité d’organisation du Magal, a organisé un colloque international intitulé : « Cheikh Ahmadou Bamba dans le regard de la pensée du monde académique », réunissant des chercheurs et universitaires de différents pays (Maroc, Mauritanie, Belgique, Angleterre, Somalie, Tchad, Cote d' Ivoire, Arabie Saoudite, Etats Unis d'Amérique, Turquie, Lybie, Inde, Niger, Nigeria, Thaïlande et Egypte).

Ce rapide aperçu des principales activités scientifiques et culturelles organisées à l’occasion de cette édition du Magal témoigne de l’orientation croissante de la Mouridiyya vers la promotion du savoir, de la recherche et de la production intellectuelle. Cette orientation s’inscrit pleinement dans la vision et la méthode éducative de Cheikh Ahmadou Bamba, pour qui le savoir constitue l’un des fondements essentiels de la voie soufie. Dans son poème Matlabul Fawzayni, il adresse à Allah la prière de faire de Touba une cité vouée au savoir, à la science et à la recherche, consacrant ainsi la connaissance comme l’un des piliers de son projet spirituel et civilisationnel.

Il convient enfin de saluer les efforts considérables déployés par le Comité d’organisation du Magal en matière de planification, d’orientation et de coordination, ainsi que l’engagement de l’ensemble des institutions scientifiques et culturelles qui ont contribué au succès de cette dynamique. Le Magal s’affirme désormais, au-delà de sa dimension spirituelle, comme un rendez-vous scientifique et culturel de premier plan.

En définitive, l’essor scientifique que connaît le Magal est susceptible de devenir un véritable levier de développement durable de la production scientifique. En stimulant les institutions de la Mouridiyya à poursuivre, tout au long de l’année, leurs activités de recherche, de publication et de valorisation des savoirs, il contribue à inscrire cette dynamique dans la durée, au-delà du seul temps du Magal.

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